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musique

Jazzer les mots

Louis Sclavis et sa clarinette

Concerts-textes de Jacques Bonnaffé et Louis Sclavis.

Louis appelle ça mettre des mots dans la musique, moi je pense qu’on fait de l’opérette sans le savoir. Ça tombe bien, Louis rêve d’en composer une. Je parierai pour un cauchemar bleu-pervenche. Seulement, dans la tête ! Entre spirituel et spiritueux, un alcool de kitsch. Par les mots et par les notes, nous faisons le tour du monde, n’irons jamais sous le soleil de Mexico, ni ne nous souviendrons d’Acapulco. Notre voyage est un roman…

Bonne reprise dans la montée

Jacques Bonnaffé se repose sur une pile de livres

Ce n’est pas de s’y remettre qui fut difficile, puisque l’été s’est présenté sans coupure. Resté à Paris ces deux mois, j’ai agrémenté le quotidien d’un aller-retour Gennevilliers, à vélo – voir blog –, séjour en tribu de théâtre, option Carthage. Nous avons fait les guerres puniques avec mes camarades acteurs, quinze autour du général Sobel, bientôt vingt et trente avec l’appui de la technique et du staff officiel de ce club de vacances formidable, le T2G. Maintenant, les copains et les visiteurs me prennent pour Hannibal. Pas moi docteur, pas encore, mais j’essaie, c’est vrai, de me faire passer pour ce grand général – voir blog et articles. J’ai, entre-deux, pris la robe. Ce n’était pas des plus raisonnable au milieu de toutes ces histoires d’hommes, mais je n’ai pas résisté à l’offre qui m’était faite dans un autre club de vacances, chez Arte (pas la pizza, la chaîne télé), de jouer à Ainsi soient-ils saison 2, sous le costume et la mitre du père Poileau, j’ai adoré. Romain carthaginois et apostolique, un été bien rempli. Qui c’est qu’a dit qu’a plus de saison ?

Louis l’ouïe… Yeap yiiiip to Sclavis !

Les yeux de Jacques Bonnaffé, cadrés serrés

Chanter Louis pour en avoir plein la vue ! C'est tout Louis l’ouïe ! Les enfants l’appellent d’un bloc compact admiratif : Eh Louissssclavis ! Tous un beau jour, nous l’avons nommé Louiss' par erreur, comme un possible Amstrong des anches… Eh dis Louiss', Louis labsus clavier, Louis roi de l’oreille ! Un jeu de clés, son magique nom ! Sclavis c’est un peu comme clarinette en italien, clair et net ! Au final c’est juste Louis Sclavis, une tenue, un geste son jeu, son touché danse et ses yeux se marrent derrière le bec. Immobile, droit magnifique car tout bouge en fait et l’on se frotte les yeux, il donne une présence dingue à ce corps campé, car c’est le voir, Louis, qui compte et ressentir du coup très fort ce qui lui passe dans les doigts et par la forge des souffles.

Les grands airs d'ouverture

Sylvain Kassap à la clarinette et Jacques Bonnaffé à la lecture

J'ai rencontré Sylvain Kassap lors d'une soirée de lectures autour de Michel Vinaver pour le théatre de la Colline. Il parlait saxo, il parlait clarinette basse sur les rythmes des textes lus. Il mettait son expérience du jazz au service de la phrase et des respirations.

Depuis Janvier - Ludovic Janvier - nous sommes faits pour avancer ensemble, avec la poésie comme texte et prétexte à multiplier les musiques et les intros claironnantes. Ainsi s'invitent en discoureurs Jean Pierre Verheggen l'annonceur allumé, Gustave Flaubert raseur des comices agricoles, Malraux, Spirou, Verheggen (again) et Marcel Moreau quand il faut, autant de manières d'introduire le spectacle puis pour le rythm'and blues nous faisons passer Jacques Darras en danseur flamand, le Brésil en catastrophe et les trouvailles philosophiques du moment…

Jacques Bonnaffé

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