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Jazzer les mots

Concerts-textes de Jacques Bonnaffé et Louis Sclavis.

Louis appelle ça mettre des mots dans la musique, moi je pense qu’on fait de l’opérette sans le savoir. Ça tombe bien, Louis rêve d’en composer une. Je parierai pour un cauchemar bleu-pervenche. Seulement, dans la tête ! Entre spirituel et spiritueux, un alcool de kitsch. Par les mots et par les notes, nous faisons le tour du monde, n’irons jamais sous le soleil de Mexico, ni ne nous souviendrons d’Acapulco. Notre voyage est un roman « il suffit de fermer les yeux » comme le serinait Céline, « c’est de l’autre côté de la vie ».

Concertextes, soirées autour des auteurs et de la poésie, variations musicales et littéraires selon les lieux

Nous nous retrouvons et confectionnons un concert sur l’endroit. Partant de thèmes abordés autrefois, de nouveaux textes qui entraînent les têtes et des airs neufs. Nos haltes empruntent à Verheggen, à Baudelaire à Prévert et Nietzsche, à Queneau, Gerhasim Lucas, Constas Axelos, à Senghor, à Jacques Darras, Alphonse Allais, Valérie Rouzeau, Jean-Bernard Pouy, Michaud Michon, Carlos Drummond de Andrade et toujours Ludovic Janvier.

Des concerts diseurs, non ! des lectures musiquées

Non, non, quelle horreur ! Des comédies musicales, voilà, des défilés, des apéros-textes, ce que vous voudrez ! Allant à la découverte d’auteurs par une fouille fébrile, rythmique et chantante. Avec Henri Texier, avec Sylvain Kassap, avec La Fanfare, avec Bernard Lubat, avec Theo Hakola, avec Françoise Masset (chanteuse lyrique), avec Médéric Collignon, avec Sylvain Halévy (piano), avec Nicolas Fenouillard, avec Le Groupe Tactus, avec André Minvielle, avec Marc Perronne, avec Claude Barthélémy, avec Le Quatuor Varenne, avec Uri Caine, avec Flammer, avec Bertrand Lemarchand (accordéon), avec Alexis Therain, avec Philippe Bourlois (accordéon), avec Frédéric Davério (accordéon), avec Paul-Alexandre Dubois (chanteur lyrique)… Depuis des années, la forme est familière, mais c’est avec Louis Sclavis que nous avons chaque fois traversé le plus d’étonnements.

Louis est un musicien incomparable, cela semble surgir du sol et voler dans l’espace. C’était là avant lui, cela vibrait sans qu’on l’entende. Il ouvre un texte, il n’accompagne pas. Nous nous défions de l’illustration lourde, ne pas redire et surligner bien sûr, juste élever. Élever l’âme et la voix, car c’est elle encore qui passe de l’anche au souffle-chant du clarinettiste. Certains jours, d’autres copains sorciers, bandes d’ancêtres jeunes, comme Lubat ou Texier, s’assemblent au travail. Ils tapent ensemble sur tout ce qui bouche. C’est autant de coups de grâce pour le diseur qui n’a plus qu’à se débattre dans les airs avec pour seule issue la transe, napolitaine, bien sûr lorsqu’on pense à Louis Sclavis ! Une tarentule, et c’est reparti !

Avec Louis Sclavis

Nous avons eu toutes les destinations de rêve, hormis Venise et Capoue : Strasbourg, Les Lilas, Manosque inoubliable, Uzeste, Ivry, Montbéliard (sublime), Oloron-Sainte-Marie, Nîmes, Le-Blanc-Mesnil, Lille, Bordeaux, Lyon, Marseille, Oléron, Achères, L’île-sur-Sorgue, Châlons-en-Champagne, Nice, Saint-Médard-en-Jalles, Nancy, Rennes, Annecy, Sept-Saulx, j’en passe et des poivrées. Notre vie est un manège, l’amour est un bouquet de violette, nous sommes des vagabonds, des marchands de bonheur… Avec nos thèmes tragiques au pays du sourire, nous jasons, nous jazzons… Sans retenue, nous jazzons. Aimant bien nous donner du mal, notre façon d’évanouir les fatigues de la route, pour une arrivée éblouie à l’auberge espagnole du cheval blanc de toutes les Russies.