Le blog de Jacques Bonnaffé

Ch'Père Léone article paru dans La Voix du Nord

En rubrique « le Regard de… », un article qui ne m'a pas valu que des amis à en croire la défense lyrique du Père Noël parue aussitôt dans la même chronique et l'absence de commentaire à la rédaction : quelques jours plus tard je découvrais que mon nom n'étais plus dans la liste des Regards. On ne critique pas le grand quotidien régional, surtout pas le choix des Pères Noël « à la Une », agents commerciaux des grandes surfaces, elles-même annonceurs directs du journal.

Sortez les vélos !

Reprise cette année de 54x13, le roman cycliste de Jean-Bernard Pouy, monologue enjazzé d'un coureur du Tour, Lilian Fauger, jeune dunkerquois. Reprise partielle, et entourée d'autres textes cyclistes enchantés ou désenchantés, lors de banquets du vélo. L'un au nord de Paris, à Taverny le 17 avril, l'autre à Wazemmes le 9 mai pour un Banquet de la sale défaite dans la maison Folie. En voici le texte d'annonce. Réagissez ! Surtout ne vous privez pas !

Série Œ : « le rôle... »

Vous m'adressez un questionnaire et j'y réponds avec difficulté, comme si les mots ne m'appartenaient plus pendant le temps de l'interprétation, comme si je ne pouvais pas me détacher de la mission que m'ont confié Jouanneau ou Sophocle. Ca ne rigole pas, au fond des eaux sombres, l'acteur perd le jugement pour s'approcher ventre à terre des mots qu'on lui confie. Nos sensations, nos empreintes prennent la place de l'explication technique, ils parviennent aussi à nous faire traverser les souffrances, les vides inhérents à ces êtres proscrits.

Série Œ : reprise

Pas question ici de reprise économique, ni de relance de la consomation des ménages mais plutôt d'actualité mythologique, un peu d'éternité ou d'éternuité en ces mois grippés : reprise de Sous l'œil d'Œdipe écrit mis en scène par Joel Jouanneau, en tournée à Louviers-Blois-Lyon-Grenoble-Colombes-St Brieux-Aubervilliers-Nantes-La Roche sur Yon-Strasbourg. L'occasion de reprendre ce carnet de boxe, série Œ, suscité par Avignon ses nerfs à chaud puis re-suscité par cette aventure-ci.

Texte lu pour les funérailles d'Alain Crombecque

… directeur du Festival d'Automne à Paris, après l'avoir été du festival d'Avignon.

Serie Œ : la Voix du Texte

Lorsque nous étions en répétition de la pièce écrite et mise en scène par Joel Jouanneau Sous l'oeil d'Œdipe au théâtre de Vidy-Lausanne (Suisse), une journaliste de la Voix du Nord me rappelant à ma chronique régulière, m'a proposé d'écrire ce temps de travail du comédien. Plusieurs textes en sont restés, sans autre usage que d'en risquer ici l'assemblage.

Serie Œ : Entre Œdipe et soi-même

Je suis allé faire en public un truc très intime, exposer mon Oedipe — ou m’en inventer un plutôt car les acteurs n’ont pas grand-chose, ils empruntent, avec sur scène le sentiment d’exister. Maigre gouffre où s’abreuver : qu’est-ce c’est qu’être et pourquoi vivre ? Plus cela va vers cette envie d’en finir, plus vient à naître l’intense idée du comédien et comme une envie d'infinir : faire sa bouche parler le mort, disait Novarina.... Je n’avais jusqu’ici senti aucun tiraillement particulier pour ce versant sombre, interne ou profond.

Serie Œ, par Mr Deep himself

Les questions se bousculent après Avignon. La première sous forme de surprise c'est qu'Avignon existe, y jouer relève de la prise de conscience. Ce qu'on ne peut s'empêcher de nommer travail occupe les spectateurs. Ils nous parviennent quelquefois épuisés, rien n'est plus risqué que d'intervenir à 22 heures en pleine nuit. Est-ce résistance à l'énorme foire commerciale à théâtre qui s'ouvre aux marcheurs dès l'arrivée en ville, ou perplexité devant cette excentricité du libre choix qui place la facilité ou le détournement comme critères d'excellence, le public cherche son orientation et paraît se craindre lui-même (ce qui peut se comprendre en pics de surpopulation). De quoi je veux parler ? Du sentiment trouble qui s'est propagé lorsqu'on s'est rendu compte que nous avions voulu faire du théâtre. "Sous l'Oei d'Oedipe", un texte joué, dernière des pesanteurs quand rien ne compte.

Du Nord et pas ch'ti

Cafougnette est peut-être l'incarnation d'une originalité du Nord qui ne se plie pas aux appellations massives. Un autre air de langage, une autre tournure. Et l'idée de s'élever un peu, dans les airs au moins, hors des visions simplettes et des coutumes assenées. Cafougnette point comme tout le monde, rouchi n'est pas ch'ti.

Plutôt banquet que banquer

La Compagnie faisan tient son nom des Banquets du Faisan créés pour Lille 2004, série de grands diners littéraires autour de la poésie, 12 banquets publics associés à l'histoire de Lille. Il nous est arrivé de reprendre cette initiative joyeuse mais lourde, dernièrement au cours de la résidence d'acteur à Châlons en Champagne, scène nationale La Comète. Banquet Ludovic Janvier le 11 octobre 08 : Eros et Ludo, avec Louis Sclavis et Arianne Dionyssopoulos.

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